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Il y a là pelle-mêle les tambours de l'Amazonie («Dos Rond»), les guitares du fado («L’Amour, la mer… »), la souplesse du reggae («Fou, fou, fou»), l’électricité du rock («No òco») ou le velouté des musiques de chambre («Mâ ye pu pas»). On l’aura compris: cette pêche qui roule amasse en douce toutes les danses du monde chaloupé. Et les imaginaires musicaux les plus débridés se bousculent au portillon de ce premier disque hospitalier.
Sous sa langue leste, roulant les «r» comme un Brassens espiègle, le patois vaudois de ses origines swingue en diable (le samba «Clli que vaô tot»), le disputant avec l’élégance du portugais et les accents toniques du français. Et lorsqu’il croque ainsi la vie à belles dents, Mr. Peach sait s’entourer de convives au palais subtil.
A Belém où il enregistre une partie du disque, l’Helvète et ses amis brésiliens se repaissent de ses miniatures primesautières ou musclées, tandis qu’à Lisbonne, les complices des étoiles du fado Mísia et Mariza tendent leurs cordes avides à la rencontre de ses airs délectables. Et si Lausanne, ses studios cossus et ses musiciens azimutés (Daniel Perrin et Just One) couronnent le parcours en zigzag de cette savante mise en boîte, c’est finalement à Marseille que Mr. Peach est allé pêcher les oreilles capables d’en débrouiller les mille et une pistes. Avec, aux manettes de cette galette, les rois noceurs de la Phocéenne de Dub, paire de mixeurs et MC’s du remuant Massilia Sound System.
Une pincée d’électronique et quelques gouttes de folie plus loin, «1 + 1 = 1 » se déguste frappé comme le meilleur Tom Zé, culotté comme un air d’Areski et tendre à la manière espiègle des Négresses Vertes.
Une pêche miraculeuse, en quelque sorte.
Nicolas Julliard (Le Temps)
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